Une crise de disponibilité d'aliments composés en Mongolie provoque une mortalité massive d'animaux d'élevage en pleine saison hivernale. Le phénomène met en lumière la vulnérabilité des chaînes d'approvisionnement fourrager en Asie centrale et rouvre le débat sur la dépendance aux importations de céréales.
La Mongolie traverse l'une des saisons hivernales les plus sévères de ces dernières années, avec des températures extrêmes qui dépassent déjà les records historiques dans plusieurs provinces du nord. La combinaison d'un dzud particulièrement rude et de défaillances dans l'approvisionnement en aliments pour animaux a mis en péril une part significative du cheptel national.
Le pays dépend fortement des importations de céréales fourragères depuis la Russie et le Kazakhstan, et toute perturbation de ces chaînes se traduit rapidement par des pertes pour les petits producteurs.
Les organisations d'éleveurs locales estiment que la mortalité dépasse 2,5 millions de têtes parmi les ovins, les caprins et les bovins, avec des effets particulièrement graves dans les provinces de Khövsgöl et Zavkhan. Les producteurs interrogés ont déclaré ne pas avoir pu accéder aux bottes de foin et aux concentrés en temps voulu.
Le gouvernement mongol a déclaré l'état d'urgence dans cinq provinces et annoncé un paquet d'aide internationale pour l'acquisition d'aliments pour animaux, bien que les premières livraisons soient retardées pour des raisons logistiques.
L'épisode remet en discussion la nécessité de diversifier les sources d'approvisionnement fourrager en Asie centrale et de développer des réserves stratégiques régionales. Pour les exportateurs de céréales, la Mongolie pourrait devenir un marché émergent d'urgence dans les prochains mois.
Sur le plan régional, la crise rappelle l'importance de surveiller les conditions climatiques de la steppe eurasiatique comme variable clé des flux commerciaux de protéines animales.