La justice fédérale de Resistencia a constitué un comité de coordination interinstitutionnelle pour surveiller, prévenir et contrôler les défrichements dans le Chaco et garantir la mesure conservatoire qui interdit les défrichements illégaux dans le Gran Chaco. Le premier rapport devra être remis en février 2027.
La justice fédérale de Resistencia a constitué l'« Equipo de Coordinación Interinstitucional para el Monitoreo, Prevención y Control de Desmontes en la Provincia del Chaco », une instance qui réunira des fonctionnaires provinciaux et nationaux, des organismes publics, des policiers, des gendarmes, des procureurs et des organisations environnementalistes afin de garantir le respect de la mesure conservatoire qui interdit les défrichements illégaux dans le Gran Chaco.
La juge Zunilda Niremperger a ordonné la création du comité dans le but de « garantir l'application effective de la mesure conservatoire en vigueur ». Cette interdiction avait été prononcée initialement en 2024, levée sous l'effet de la résistance de l'activité productive, puis rétablie en mai par le Tribunal Federal de Casación, la plus haute autorité pénale du pays, dans le cadre de la vaste affaire pénale de la « Mafia de los desmontes », ouverte en 2024 et qui compte déjà une dizaine de personnes mises en examen.
Le dossier judiciaire détaille les noms des personnes qui siégeront à cette table. Au titre du Ministerio Público Fiscal Federal seront présents les docteurs Juan Gabriel Giménez et Agustina Dragell ; pour la province du Chaco, le sous-secrétaire au Développement forestier, Oscar Navarro, et le directeur des forêts, Gustavo García ; et au nom de l'Autoridad Ambiental Nacional participera l'ingénieur forestier Eduardo Manghi.
L'Administración de Parques Nacionales fera siéger le directeur du Parque Nacional Copo, Néstor Arriola, et le directeur de la région Nord, Sergio Arias Valdecantos. La Gendarmería Nacional sera représentée par son chef, le commandant général Claudio Brilloni. L'Asociación Argentina de Abogados/as Ambientalistas fera également partie de l'équipe, avec Fabián Maggi comme représentant.
« C'est une décision d'une grande portée. C'est la première fois qu'un comité de cette nature est constitué pour contrôler les défrichements illégaux et rendre effective l'interdiction en vigueur », a souligné Maggi.
L'écorégion du Gran Chaco, qui englobe des forêts natives dans le Chaco, à Formosa et à Santiago del Estero, est l'un des épicentres de la plus forte progression de la déforestation : elle perd quelque 40 000 hectares tous les six mois, une superficie équivalente à deux villes de Buenos Aires. Le secteur environnementaliste a dénoncé la mainmise sur les mécanismes de contrôle par les secteurs intéressés à avancer sur les aires protégées.
L'un des exemples les plus récents a été le cas de 1 800 hectares défrichés à la limite du Parque Natural Provincial Loro Hablador, dénoncé il y a quelques semaines par les organisations environnementalistes. « Face à cette situation critique, nous avons demandé à la juge qu'un comité de contrôle soit créé. Nous espérons que cela se traduira par une protection réelle de la forêt du Gran Chaco et que nous parviendrons à ce que le défrichement cesse », a déclaré Maggi.
La décision établit que l'échange d'informations sera primordial, au moyen de systèmes de surveillance satellitaire, d'alerte précoce et de veille territoriale, avec une communication fluide et immédiate pour coordonner les actions face à d'éventuelles irrégularités.
S'agissant du pouvoir de police, la justice exige de la Gendarmería Nacional qu'elle « renforce les ressources humaines, techniques, technologiques et opérationnelles destinées aux tâches de veille, de surveillance, de patrouille préventive et de détection précoce d'éventuels défrichements », et qu'elle évalue l'incorporation de personnel, de véhicules, de drones et d'autres outils technologiques. De la même manière, elle demande au ministre de la Sécurité du Chaco de « renforcer les unités de police chargées des fonctions rurales et environnementales ».
En cas de détection d'actions illégales, la décision oblige à communiquer de manière immédiate toute alerte à la Dirección de Bosques provinciale, afin qu'elle « ordonne les vérifications territoriales et adopte les mesures administratives préventives, de contrôle ou de cessation d'activités ». Le Ministerio Público Fiscal devra intervenir en cas d'éventuels « délits ou manquements à la mesure conservatoire judiciaire ». Est également prévue l'« intervention judiciaire urgente » pour éviter des retards dans les mesures nécessitant une autorisation, comme les perquisitions ou les saisies.
Pour le suivi du travail, qui commencera dans les prochaines semaines, la Dirección de Bosques de la province du Chaco et le Ministerio Público Fiscal Federal devront présenter des rapports périodiques au tribunal.
Ces rapports détailleront les alertes détectées, les mesures administratives, préventives ou d'enquête adoptées et les difficultés rencontrées au cours du processus. Le premier devra être remis dans la première moitié de février 2027, puis ils auront une fréquence trimestrielle.