Les semis des grandes cultures d'été progressent en Argentine avec de bonnes réserves d'humidité : le soja couvre 4,7 % de la superficie projetée, le tournesol 72,4 % et le maïs commercial a dépassé la moitié. La Bolsa de Cereales de Buenos Aires a alerté sur un risque d'engorgement si les pluies se poursuivent.
L'implantation des principales cultures d'été a pris de l'élan dans une bonne partie de la zone agricole argentine, favorisée par une disponibilité en humidité qui permet aux semoirs d'avancer et d'accompagner les premiers stades des cultures. Selon le dernier relevé de la Bolsa de Cereales de Buenos Aires, le soja couvre déjà 4,7 % des 17 millions d'hectares prévus pour la campagne 2026/27, le tournesol a atteint 72,4 % de sa superficie prévue et le maïs destiné à la commercialisation a dépassé la moitié de la superficie estimée.
Dans le cas du soja, les travaux ont enregistré un progrès de 2,4 points de pourcentage au cours de la dernière semaine. L'avancement se situe 2,9 points au-dessus de celui observé à la même date du cycle précédent et dépasse de 2,5 points la moyenne des cinq dernières campagnes.
L'implantation du soja de premier semis affiche un bon rythme dans les deux noyaux productifs et dans le Nord de La Pampa-Ouest de Buenos Aires, où l'humidité de surface a permis de démarrer les travaux et où l'on observe déjà quelques parcelles levées avec une bonne disponibilité en eau. Le panorama est différent dans le sud de Córdoba : le manque de portance de certaines parcelles et les basses températures du sol continuent d'y conditionner l'entrée des semoirs. La région présente un retard de 8,6 points de pourcentage par rapport à la moyenne des cinq dernières campagnes et compte 5,4 % de la superficie projetée déjà implantée.
L'une des cultures affichant la plus forte avance des travaux est le tournesol. Après un progrès hebdomadaire de 13,7 points de pourcentage, les semis ont atteint 72,4 % des 3,1 millions d'hectares estimés pour le cycle 2026/27, soit une avance de 7,2 points par rapport à la moyenne historique.
À Santa Fe, des resemis ponctuels ont été signalés à la suite des dégâts causés par les pigeons. Dans le centre de la zone agricole, les parcelles se trouvent pour la plupart entre les stades V2 et V6.
Les semis de maïs destiné au grain commercial ont atteint 50,5 % des 8,4 millions d'hectares projetés, après avoir progressé de 3,2 points de pourcentage supplémentaires au cours de la dernière semaine. Les implantations précoces sont pratiquement terminées dans la zone agricole nationale et il ne reste à incorporer que quelques parcelles dans le sud de la province de Buenos Aires.
Dans le centre-nord de Córdoba, où une plus grande proportion de la superficie a été consacrée cette campagne aux semis précoces, les parcelles implantées dans les secteurs de Villa María et San Francisco présentent de bonnes levées et progressent dans leurs stades végétatifs sous des conditions qualifiées de normales à excellentes. Dans d'autres régions, on observe encore quelques séquelles des basses températures et du faible rayonnement solaire des dernières semaines, même si des signes de récupération commencent à apparaître. La pression de la cicadelle du maïs reste sous surveillance dans le centre-nord de Santa Fe, où les contrôles contre l'insecte vecteur se poursuivent.
En parallèle, l'implantation du sorgho grain a commencé pour la campagne 2026/27. La Bolsa de Cereales de Buenos Aires estime une superficie nationale de 750 000 hectares, identique à celle du cycle précédent, et a signalé une avance de 10,5 %. Les plus grands progrès sont enregistrés dans le Núcleo Norte, où 34 % de la superficie prévue est déjà implantée, et dans le centre-nord de Córdoba, avec 20 %.
Bien que la superficie nationale projetée ne présente aucune modification, des changements sont observés dans l'intention de semis à l'échelle régionale, principalement en raison de la concurrence qu'exercent le maïs et le soja dans la décision des producteurs.
Vers le sud, les températures restent en dessous des valeurs habituelles pour cette période et les conditions d'humidité présentent des différences entre régions. Alors que certains secteurs de l'ouest montrent des limitations en eau, des foyers de sols saturés apparaissent dans le centre de Buenos Aires.
La Bolsa a averti que, si les conditions ne s'améliorent pas et que les précipitations se poursuivent, des pertes de superficie par engorgement pourraient être enregistrées. L'inquiétude se concentre surtout sur les parcelles qui traversent la levée et les premiers stades de développement sur des sols saturés, lorsque la culture a encore une faible capacité à tolérer les excès hydriques.
Du côté des cultures d'hiver, la récolte du blé n'a progressé que de 1,8 point de pourcentage au cours de la dernière semaine et atteint 8,5 % de la superficie apte. Les travaux restent concentrés dans le nord de la zone agricole, où les températures plus élevées ont accéléré la maturation des parcelles, même si les pluies et le manque de portance continuent de retarder l'entrée des moissonneuses.
À Santiago del Estero et Chaco, des rendements de 12 à 35 quintaux par hectare ont été signalés, avec une moyenne proche de 24 quintaux. À Salta, les résultats se situent entre 13 et 28 quintaux, avec une moyenne supérieure à 16 quintaux par hectare.
Dans le centre de la zone agricole, le blé traverse pour l'essentiel les stades de floraison et de remplissage des grains. Les températures plus élevées ont accéléré le développement phénologique et, avec une offre hydrique adéquate à optimale, des rendements supérieurs à la moyenne historique sont attendus, bien qu'inférieurs à ceux obtenus lors de la campagne précédente. Dans le sud de la province de Buenos Aires et à La Pampa, les parcelles se trouvent pour la plupart entre la montaison et l'épiaison ; la disponibilité en humidité est bonne et les applications pour lutter contre les maladies se poursuivent, même si le faible rayonnement solaire des dernières semaines pourrait devenir un facteur limitant pour le potentiel de rendement.