Le gouvernement bolivien et les représentants de l'industrie nationale de la viande travaillent à l'ouverture de nouvelles destinations pour les exportations de bœuf, dans un contexte où les flux commerciaux vers l'Asie sont en cours de recomposition sous l'effet de conflits géopolitiques et de l'évolution des préférences des consommateurs.
Les exportations boliviennes de bœuf dépendent dans une large mesure d'une poignée de marchés, ce qui rend le secteur particulièrement sensible aux épisodes sanitaires ou politiques dans les pays acheteurs. La récente volatilité de la demande chinoise a conduit les autorités à explorer activement des destinations alternatives en Asie et au Moyen-Orient.
En parallèle, la région traverse un processus d'ajustement du taux de change et des coûts logistiques qui redéfinit la compétitivité de la viande sud-américaine face à ses principaux concurrents.
Selon des sources du secteur, la Bolivie a avancé dans ses négociations avec les autorités malaisiennes et philippines pour permettre l'entrée de viande congelée et réfrigérée, et entretient des discussions exploratoires avec des importateurs en Égypte et aux Émirats arabes unis.
Sur le plan intérieur, des améliorations ont été signalées dans les systèmes de traçabilité animale, exigence indispensable pour accéder aux marchés les plus exigeants.
La diversification des destinations réduirait la vulnérabilité commerciale du secteur bolivien de la viande et pourrait ouvrir une fenêtre de prix plus stable pour les producteurs de l'est du pays. Cependant, les délais d'agrément sanitaire et les exigences de chaque marché demanderont au moins deux cycles commerciaux avant la consolidation de nouveaux flux.
Pour les concurrents régionaux, la démarche bolivienne ajoute également une pression concurrentielle sur les mêmes marchés que la viande paraguayenne et argentine cherche à consolider.