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Acceleration Week 2026 : quatre jeunes présentent leurs technologies pour l'agro

L'Acceleration Week de FoodRise a réuni à Buenos Aires 12 startups d'Argentine, du Chili, du Paraguay et d'Uruguay. Parmi les propositions présentées se sont distinguées des protéines conçues par intelligence artificielle, un intrant biologique antigel, un granulé qui réduit le méthane bovin et un hydrogel pour la sécheresse.

Quelles solutions les entrepreneurs sélectionnés ont-ils présentées face aux adventices résistantes, aux gelées, aux émissions bovines et au manque d'eau ?

L'Acceleration Week de FoodRise s'est tenue récemment au Parque de Innovación de la Ciudad de Buenos Aires. L'initiative, portée par le fonds Adventures et BID Lab, a réuni pendant trois jours intensifs 12 startups sélectionnées parmi plus de 130 candidats d'Argentine, du Chili, du Paraguay et d'Uruguay.

Les startups sélectionnées bénéficient de 16 semaines d'accompagnement pour trouver des investisseurs, améliorer leur activité et valider leurs idées. FoodRise est le hub d'innovation Agrifoodtech porté par l'accélérateur mondial Eatable Adventures.

Paz Álvarez, cofondatrice et CEO de Zavia Bio, a raconté qu'elle est la petite-fille d'une productrice agricole et qu'elle a vécu de près les difficultés du climat lorsque sa grand-mère a dû quitter la campagne faute de pluies. L'entreprise argentine utilise l'intelligence artificielle pour concevoir de nouvelles protéines, dans le but de lutter contre les adventices résistantes aux herbicides comme le glyphosate. Elle a aussi créé un biostimulant pour que les plantes tolèrent mieux la sécheresse et cherche à se connecter avec des clients et à s'étendre à des pays comme les États-Unis.

Enzo Galliani, biotechnologiste chilien et cofondateur de Pewman Innovation, recherche des micro-organismes en Antarctique et dans des salars du désert qui survivent à des températures extrêmes. Ces bactéries possèdent des propriétés antigel naturelles, avec lesquelles ils ont développé un produit qui s'applique sur les cultures pour éviter les dégâts dus aux gelées. La glace brise les tissus des plantes ; avec cet intrant biologique, le producteur évite de perdre sa récolte ou sa qualité et peut avancer les semis sur des cultures sensibles comme la pomme de terre. L'entreprise vend déjà au Chili à des centaines de clients et vise d'autres marchés de la région ainsi que l'Europe.

Lucía Belga, de la startup de Rosario Agrosintex, a expliqué que le méthane n'est pas seulement un problème environnemental mais aussi une perte directe pour l'engraissement, car chaque gaz expulsé est un aliment qui ne se transforme pas en viande. Après avoir testé des poudres et des friandises pour vaches avec de mauvais résultats, ils ont créé un granulé qui se mélange dans l'auge à hauteur de 0,5 % de l'aliment. L'additif freine les bactéries qui génèrent le gaz dans le rumen et améliore la valorisation de la nourriture : lors d'essais sur des bouvillons lourds, les animaux ont consommé 7 % de ration en moins et pris jusqu'à 25 % de poids en plus.

Arnaldo Lezcano et Ivo Peroni, ingénieurs chimistes paraguayens, ont créé chez Terramas un hydrogel à base d'amidon de maïs qui se place près de la semence. Lorsqu'il pleut ou que l'on irrigue, le matériau absorbe l'eau, se gonfle et la garde dans le sol pour la libérer vers la racine quand la culture souffre d'un manque d'humidité. Il est totalement biodégradable. Dans le Chaco paraguayen, il a permis de faire grimper les rendements du maïs de 13 %, avec des hausses allant jusqu'à 30 % dans les zones les plus productives. Ce développement leur a valu un voyage dans la Silicon Valley et une invitation de l'Université de Berkeley, mais ils ont choisi de valider le produit dans le Cône Sud en raison des sécheresses qui frappent les pays voisins.

Outre ces quatre projets, d'autres startups argentines se sont illustrées dans le programme d'accélération de FoodRise.